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  • : Soyez les bienvenus à Naniouk-Ruvtak, le "Pays de l'Ours". Vous y découvrirez un peuple peu connu : les Ouvaga. Plusieurs rubriques sont disponibles : une consacrée aux contes, mythes et légendes, une réservée à l'histoire de mon peuple, une pour la culture et les coutumes, et une où vous pourrez vous initier à la langue. Prêts à vous dépayser ? Alors, c'est parti !
  • : Découverte Voyages
  • : 17/09/2007
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Voici une page très sombre de l’histoire des Ouvaga, page pas si ancienne que cela, d’ailleurs. Comme souvent, la légende s’est emparée de l’histoire, y insérant une part non négligeable de mystère et même de magie. Le mot « tongoï » peut signifier « sorcier » ou « magicien » voire parfois « chamane ». L’appellation « Tongacha » est une façon affective de désigner les tongoi. Mais trêve de bavardage.

 

Une tongoï nommée Ulsirka Volinalka, surnommée Limézinaïka ou Inaïka, portait autour du cou un étrange médaillon en forme d’œil. Elle tenait ce médaillon de sa mère, qui le tenait de sa mère qui le tenait de sa mère et ainsi de suite. C’était un diamant noir ovale, où des petits rubis étaient incrustés en spirale, et qui comportait en son centre, à l’endroit de la pupille, un losange d’émeraude, de saphir, de grenat et de béryl. Des petits diamants blancs et noirs figuraient les cils. On disait que ce médaillon avait été fabriqué par Limézinaï elle-même, et qu’il conférait une grande sagesse et un grand pouvoir à la personne qui le portait.

Mais un jour, Inaïka et sa famille furent encerclés par des ennemis sanguinaires. Les Ouvaga se défendirent comme ils pouvaient, mais assaillis par le nombre, ils furent faits prisonniers.

Les ennemis tuaient systématiquement tous ceux qu’ils trouvaient, et Inaïka comprit immédiatement le sort qui lui était réservé. Menés à l’endroit où ils allaient être assassinés, les Ouvaga chantèrent l’hymne à la Forêt.

Peu avant de tuer tout le monde, un des ennemis s’approcha d’Inaïka, et tenta de lui arracher son médaillon. Il tomba aussitôt, foudroyé. Un autre riposta, et massacra tout le monde, en commençant par Inaïka. Puis ses yeux se posèrent sur le médaillon, et lui aussi chercha à s’en emparer, mais à peine l’avait-il effleuré qu’il retira sa main en hurlant de douleur, et, pris de folie, alla se jeter dans un précipice proche. On mit en cause le Soleil, qui devait refléter quelque chose dans les pierres précieuses du médaillon, et on attendit la nuit. Là, à la lumière de la Lune, un des ennemis parvint à pendre le médaillon. Il pensait avoir gagné, mais…

Il rentra chez lui, et offrit le médaillon à sa fiancée. Alors que cette dernière s’admirait dans le miroir, elle ne vit pas son propre reflet, mais celui d’Inaïka. Elle arracha le médaillon de son cou, et se vit à nouveau. Intriguée, elle remit le médaillon, et Inaïka réapparut.

« Qui es-tu ? Que veux-tu ? » hurla-t-elle, effrayée.

Inaïka ne pouvait pas répondre, mais elle sourit d’une manière menaçante. L’autre comprit aussitôt qu’il ne fallait pas porter le médaillon ; elle alla trouver son fiancé, et le lui rendit en lui expliquant tout. L’homme éclata de rire : il ne croyait pas une seconde aux maléfices, alors aucune raison de s’inquiéter à cause d’un simple médaillon ! Et pourtant…

Il organisa une grande fête la semaine suivante, et décida de porter lui-même le médaillon, comme trophée. La fête débutait, et le premier plat, couvert, fut amené sur la table. Lorsqu’on découvrit le plat, l’homme recula d’effroi : une petite Inaïka sortit en dansant du plat, visible de lui seul. Il courut se mettre de l’eau sur le front, pour faire passer cette hallucination, mais lorsqu’il se regarda dans le miroir de la salle de bain, il vit Inaïka qui le regardait, les yeux luisant, le regard menaçant. Il se dit qu’il était fatigué, ou qu’il avait trop bu, et partit se reposer. Mais lorsqu’il se releva, il vit une multitude de petites Inaïka. Il arracha le médaillon et le jeta au sol, et les innombrables Inaïka disparurent, mais du médaillon se répandit une fumée noire, qui devint verte, puis blanche, et soudain jaillit Inaïka, immense, les yeux rivés sur celui qui lui avait volé son médaillon et qui avaient assassinés tant de personnes.

« Je te le rends, je te le rends ! » hurla l’assassin, horrifié.

Mais Inaïka ne répondit pas et s’avança vers lui. Pris de folie, l’homme ouvrit la fenêtre, et se précipita dans le vide, faisant une chute de cinq étages.

La fiancée de l’assassin ramassa le médaillon ensorcelé, et courut le jeter dans la rivière qui coulait toute proche. L’eau de la rivière porta le médaillon dans la Forêt, et le déposa sur la rive. Un arbre naquit à la place du médaillon, un arbre au tronc noir et aux feuilles vert foncé, dont les branches se plient sur la rivière pour pleurer les personnes assassinées, mais qui se dressent au moindre souffle de vent pour rappeler leur souvenir. Les Ouvaga appellent cet arbre « Piétchalenzovdnou », et tout le monde peut l’entendre, quand le vent souffle, entonner l’hymne à la Forêt qu’Inaïka et les siens avaient entonné avant d’être tués.

Par Levnoucha
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Nutka Horasza a rejoint le monde des étoiles le 17 novembre dernier. Qui était-elle ? Qu'a-t-elle fait ? C'est une figure Ouvaga, une sorte de légende encore jusqu'à peu vivante.
Elle est née en 1910 en Pologne (qui a l'époque faisait partie de l'empire russe). Elle était la fille de la Sbaïklaryi Iplekna et du libraire Lintek. Quoi qu'est-ce, Sbaïklaryi ? Une Sbaïklaryi (pour les hommes, on dit Sbaïklaryiek) est une "vengeuse sombre", je m'explique : on ne la voit pas préparer sa vengeance, on ne la voit pas arriver, et pan elle frappe. Elle se maquille d'une manière très spéciale, avec une espèce de patte à base de terre, et se vet tout en noir. Donc, la petite fille naît et est placée sous la protection d'un arbre, selon la coutume : ce sera un noisettier, d'où son prénom (nutka = noisette).
Quand sa meilleure amie est agressée, Nutka la venge. Le "milieu" la repère et l'engage comme spécialiste des réglements de compte et des recouvrances de dettes, et elle sera aussi amenée à exercer comme tueuse à gage. Elle travaille d'abord en solo, puis avec un homme qui deviendra son associé. Cet homme, cependant, se montre violent, agressif et caractériel. Et en plus, elle découvre qu'il est nazi. Elle décide de mettre un terme à l'association, et de s'occuper plutôt du petit Tachok, 16 ans, Ouvaga et fragile, qui ne rêve que d'une chose : aller au Mexique.
La guerre éclate, et en parallèle un combat acharné entre Nutka et son ancien associé, qui veut la peau de Tachok et de Nutka. Il n'aura pas celle de Nutka, mais tuera Tachok. Après la Pokmélia (cérémonie funèbre, en gros), Tachok est entouré de branches de bois sêches et insinéré, puis Nutka le met dans une urne. La guerre est finie, mais Nutka n'a pas fini la sienne : venger Tachok. Elle devient alors Sbaïklaryi.
Elle se rend au Mexique pour y faire reposer Tachok, puis poursuit son ancien associé à travers le globe, de l'Amérique du Sud à l'Océanie en passant par l'Asie du Sud-Est et le Proche Orient.

Et c'est en juillet 2005 qu'elle le retrouve enfin. Un coup et un seul. Tachok est vengé, enfin ! Nutka part alors au Groenland écouler ses dernières années.

Pokmélia na oneï, lenka posledoïa Sbaïklaryi ! Enzowa !

(Ilonka)

Par Levnoucha
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Les liens entre la langue russe et la langue des Ouvaga sont très nombreux. Le sort de ce petit mot tout simple, "da" en est une excellente preuve.
En russe, "da" signifie "oui".
En koviouvaga, "da" existe aussi, mais à l'origine, servait à attirer l'attention sur quelque chose, à insister. On retrouve ce sens dans des expressions telles que :
                                                           
  "da-ia" = "c'est moi",
                                                             "da-vlidenou" = "évidemment",
                                                             "da voliounitou" = "je veux vraiment".
Cependant, peu à peu, "da" a servi à dire "oui".
Mais comment disait-on "oui" avant ?
Eh bien, on ne le disait pas ! Pour répondre positivement à une question, on répétait le verbe à la personne voulue. Cette tournure existe encore, d'ailleurs :
                                                             
" ty idite tia mi ?
                                                                 iditou."

                                        Toi, tu vas avec moi ? ("tu viens", dirons-nous plutôt en français).
                                        Oui (mot-à-mot : je vais).

Ainsi, par "contacts répétés", "da" (qu'on trouve écrit "de" dans certains textes anciens : on prononce alors le "e" entre le "a" et le "è") a fini par dire "oui" en koviouvaga aussi. L'évolution de ce petit mot est donc un excellent témoin des échanges entre les deux langues.^^
Eugénie.

Par Levnoucha
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Bonjour. C'est la première fois que je m'exprime sur un blog, d'autant plus sur celui-ci. J'ai décidé de présenter une chanson Nouva, c'est à dire des Tziganouvaga, dont je fais partie. La chanson s'appelle Zoltanek.
Cette chanson raconte l'histoire de Zoltanek, un jeune homme de 16 ans, très doux et qui n'aurait jamais fait de mal à personne, mais accusé à tort d'un crime. Or, c'est celui qui a commis le crime qui l'accuse et le condamne à mort. Zoltanek est exécuté, mais...
Sa fiancée, Mila aux yeux sombres, est une sorcière : elle appelle la soeur du Vent, qui demande à son frère de souffler fort. Elle appelle le ruisseau de la Forêt, qui se met à couler comme un fleuve. Elle appelle les fleurs et les oiseaux, qui crient. Tous crient le nom de celui qui a commis les deux crimes (celui pour le quel Zoltanek a été injustement condamné, et le meurtre de Zoltanek). Alors, le criminel, poursuivi partout et tout le temps, court, horrifié, et finit par se jeter dans les flots.
Zoltanek est mort, mais Mila l'a vengé. Que tous se rappellent de la triste fin de Zoltanek et de ce qu'a fait Mila par la suite ; voilà comment se termine la chanson.
Ilonka.
Par Levnoucha
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Bonjour à tous ! Connaissez-vous les gestes à faire et à ne pas faire ? savez-vous les interprêter ? En voici quelques uns.

Se carresser le menton : montre qu'on réfléchit, qu'on pense, qu'on essaie de résoudre un problème.
Se gratter la nuque : montre qu'on doute de quelque chose, qu'il y a un truc qui ne tourne pas comme on voudrait, qu'on est soucieux.
Tapoter deux fois sur le côté de son nez : montre qu'on ne croit pas un mot de ce que raconte la personne qui parle.
Projeter violemment la tête en avant : montre qu'on s'est senti agressé et qu'on demande à discuter pour aplanir (ou envenimer, ça dépend du caractère) les choses.
Mettre son poing droit sous sa main gauche à plat : montre qu'on veut la paix (c'est aussi le signe employé pour dire bonjour : bonjour, je te rencontre et je ne te veux pas de mal).
Passer sa langue sur ses dents : montre une agressivité.
Cracher (par terre ou, encore pire, sur quelqu'un) : montre qu'on méprise prodondément la chose ou la personne (personne qui ne vaux même pas la peine qu'on perde son temps à se battre avec).
Montrer son nombril : montre qu'on "emmerde" la personne à qui on montre le nombril (comme en français l'expression "je t'emmerde").
Pointer ses deux index, mains rapprochées, sous son menton : montre qu'on trouve quelque chose très jolie ou quelqu'un très sympathique.

Voilà. J'espère que vous saurez maintenant comment agir et réagir face à ces gestes (faits par des Ouvaga, car faits par d'autre ça ne veut pas forcément dire la même chose).

Szlavik.
Par Levnoucha
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Le territoire Koïlatch était devenu la proie de trois horribles monstres, qui ravageaient tout et détruisaient tout. Les Koïlatch avaient abandonné leurs villages et s’étaient réfugiés dans la Taïga. Mais les trois monstres, après avoir dévasté la Plaine et les Steppes, se tournaient maintenant vers la Forêt. Toutes les sorcières et tous les sorciers avaient essayer de les faire partir, mais sans succès, car même les sorts avaient peur d’eux et s’évaporaient sans les toucher. Les meilleurs guerriers et les meilleures guerrières avaient essayé de les combattre, mais la seule vue d’un des trois monstres leur avait glacé le sang dans les veines, et tous avaient fui sans les toucher. Tous les Koïlatch commençaient à désespérer. Tous ? Non. Seule une petite fille de dix ans, qui s’appelait Tsounliekhkla, et qui parlait sans arrêt, restait calme.

« Je sais comment faire partir les monstres.» dit Tsounliekhkla un jour où les chefs Koïlatch s’étaient réunis pour discuter de la situation. Tous se mirent à rire, mais Tsounliekhkla restait impassible : elle était très sérieuse.

« Je sais que je réussirai, laissez-moi essayer, on n’a plus rien à perdre, maintenant. »

Les autres continuaient à rire, en voyant la taille et la petite carrure de la fillette.

« Nos meilleurs guerriers et nos meilleurs sorciers ont échoué parce qu’ils avaient trop peur de ces monstres, » intervint le guerrier Tchimvokhkleï, considéré comme le plus courageux guerrier Koïlatch, « même la Lune et le Soleil semblent ne pas pouvoir les regarder sans frémir ; ce n’est certainement pas toi, un gamine toute fluette, qui va les faire partir. »

C’est alors qu’une très très vieille sorcière, la plus vieille et la plus sage des sorcières Koïlatch, Apiefkhkla, s’avança et prit la parole :

« Va, Tsounliekhkla, tout ce que tu rêves, tout ce que tu imagines, tout ce que tu racontes, tout cela nous sauvera. Pars maintenant, petite Tsounliekhkla, dépêche-toi. »

 

Tous respectaient ce que disait Apiefkhkla. Ils laissèrent donc partir Tsounliekhkla avec une lueur d’Espoir : si Apiefkhkla avait raison, ils seraient sauvés, et comme Apiefkhkla avait toujours raison …

Tsounliekhkla se mit donc en route. Prudemment, elle sortit de la Taïga, avec pour toute arme son rire, sa bonne humeur et sa parole. Bientôt, une énorme masse verte surgit devant elle. Tsounliekhkla resta calme. Elle était face à Kratavkyiesl, un des trois terribles monstres. Celui-ci, vert, griffu, au sourire cruel et dont la langue se terminait par sept crochets acérés, s’approchait, la gueule béante, de la petite fille. Il s’arrêta net, surpris, quand Tsounliekhkla lui demanda :

« Pourquoi tu fais tout ça ? Pourquoi tu t’amuses à tout détruire et à faire peur à tout le monde ? »

Kratavkyiesl, tout déconfit face à cette petite fille, ne sut que répondre. Personne avant Tsounliekhkla n’avait jamais osé lui adresser la parole.

« Qui es-tu ? reprit Tsounliekhkla.

Le monstre se ressaisit : cette petite fille n’était pas bien dangereuse, il n’en ferait qu’une bouchée. Cependant, admiratif devant le courage - ou la témérité- de Tsounliekhkla , il décidé de tout lui expliquer avant de la dévorer. Il prit une profonde respiration, et dit d’une voix forte.

«  Mon nom est Kratavkyiesl. Habituellement, je vis sous terre, mais là, j’ai décidé de faire surface : vous, les humains, vous faites n’importe quoi avec la terre : vous creusez, mais vous ne rebouchez pas ; vous prenez tout, et il ne reste rien. Si vous n’y prenez pas garde, vous n’aurez plus rien, et moi non plus. C’en est trop !

_ Mais pourquoi s’en prendre aux Koïlatch ? Nous ne faisons pas plus n’importe quoi que les autres.

_ Certes, mais le couloir qui mène du monde sous-terrain à l’air libre se trouve en plein milieu du territoire Koïlatch, et c’est donc par vous que j’ai décidé de commencer.

_ Et si tu m’expliquais ce qu’il faut faire pour ne pas faire n’importe quoi ? Ce serait beaucoup plus simple, et tu n’aurais pas besoin de gaspiller tes forces à tout détruire, et après tu pourrais retourner dans le monde sous-terrain et y vivre tranquille.

_ Expliquer ? Vous seriez capables de comprendre, vous, les humains ?

_ Nous ne sommes pas plus bêtes que les autres !

_ D’accord. Alors, répète à tous les Koïlatch, à tous les Ouvaga, à tous les autres humains, ceci : le sang humain est mauvais pour le sol, cessez donc de vous entretuer ! N’exploitez plus le sol sans lui laisser le temps de se reposer ! Ne détruisez pas ce qui a mis tant d’années à se construire ! C’est la seule condition pour que je rentre sous terre.

_ Tu as raison… Je leur dirai, mais m’écouteront-ils ?

_ Prends cette dent, et parle en mon nom. »

Kratavkyiesl tendit une de ses dents à Tsounliekhkla, courut vers la plaine et disparut sous terre.

La petite fille retourna dans la Taïga, raconta son aventure à la sorcière, qui la raconta à tous les autres Koïlatch. Ceux-ci promirent de faire ce que voulait Kratavkyiesl, firent la fête en l’honneur de Tsounliekhkla , mais n’osèrent pas encore quitter la Forêt : il restait encore deux monstres…

Cependant, Tsounliekhkla, pas le moins du monde apeurée, s’aventura une fois de plus dans la plaine. Bientôt, une boule de feu déboula et s’arrêta devant elle : c’était un monstre, le dos hérissé de pics enflammés, les yeux dorés, les dents acérées, une langue terminées par sept crochets.

« Qui es-tu ? lança Tsounliekhkla, et pourquoi t’amuses-tu à tout détruire et à faire peur à tout le monde ? Et  pourquoi s’en prendre aux Koïlatch plus qu’aux autres ?

 

Je suis Tchtarkamyiesl, répondit le monstre, surpris. Personne avant Tsounliekhkla n’avait jamais osé lui adresser la parole. Habituellement, je vis dans le monde sous-terrain, là où il fait le plus chaud, et chaque feu allumé me nourrit. Le couloir le plus direct de puis le point chaud de la terre aboutit au territoire Koïlatch, tout simplement. C’est donc par là que j’ai décidé de commencer. Car voilà : depuis quelques temps, je suis horrifié par la nourriture que l’on me donne.

Explique-moi, demanda Tsouliekhkla.

On me donne à manger ce qui peut encore vivre, on m’a même nourri d’un aliment kichouk[1] : je déteste la chair humaine ! Alors, répète ceci à tous tes semblables, Koïlatch, Ouvaga, et autres humains : la seule condition pour que je reste sous terre, c’est qu’on me nourrisse de ce qui ne peut plus vivre : de bois mort, de carcasses, … Et de cailloux, j’adore les cailloux.

_ Tu as raison… Je leur dirai, mais m’écouteront-ils ?

_ Prends ce pic (il ne te brûlera pas), et parle en mon nom. »

Tchtarkamyiesl tendit un de ses pics à Tsounliekhkla, courut vers la plaine et disparut sous terre.

La petite fille retourna dans la Taïga, raconta son aventure à la sorcière, qui la raconta à tous les autres Koïlatch. Ceux-ci promirent de faire ce que voulait Tchtarkamyiesl, firent la fête en l’honneur de Tsounliekhkla , mais n’osèrent pas encore quitter la Forêt : il restait encore un monstre…

Toutefois, Tsouliekhkla s’aventura dans la plaine, près du fleuve. Et très vite, un immense cheval bleu, sans jambes, mais avec trois queues de poissons, une crinière verte, des dents acérées, une langue finie par sept crochets et de grandes ailes blanches, vertes et violettes, fit irruption devant elle.

« Qui es-tu ? lança Tsounliekhkla, et pourquoi fais-tu tout cela ?

Je m’appelle Zraltatchvyiesl, répondit le monstre, surpris. Personne avant Tsounliekhkla n’avait jamais osé lui adresser la parole. Habituellement, je ne quitte pas mon domaine, qui est tout au fond de l’eau. Mais là, je ne peux y rester. Vous, les humains, ne respectez pas le Fleuve.

Bien sûr que si !

Non : vous y jetez ce que vous avez utilisé, vous y lancez des cordes, des troncs, vous en prenez toutes les ressources, sans vous préoccuper des conséquences. Le Fleuve est épuisé, et c’est ainsi que j’ai décidé de monter à la surface.

Tous ne sont pas comme ça, et nous, les Koïlatch, ne sommes pas pires que les autres.

C’est vrai, mais le chemin le plus court vers la surface est sur le territoire Koïlatch. C’est donc par là que j’ai décidé de commencer ma vengeance.

Mais que pouvons-nous faire ?

Donnez à Tchtarkamyiesl ce que vous avez utilisé, écoutez Kratavkyiesl et ne coupez que ce qui sera utile, et surtout respectez le Fleuve et ce qu’il y a dedans. C’est la seule condition pour que je regagne le fond du Fleuve.

_ Tu as raison… Je leur dirai, mais m’écouteront-ils ?

_ Prends ce crin, et parle en mon nom. »

Zraltatchvyiesl tendit un de ses crins à Tsounliekhkla, courut vers le Fleuve, et disparut dans l’eau.

La petite fille retourna dans la Taïga, raconta son aventure à la sorcière, qui la raconta à tous les autres Koïlatch. Ceux-ci promirent de faire ce que voulait Zraltatchvyiesl, et firent la fête en l’honneur de Tsounliekhkla. Les trois monstres avaient regagné leurs demeures. Tsouliekhkla avait réussi. Sans arme, sans sort : juste en leur parlant, et surtout en écoutant et répétant leurs messages. Et depuis, tous s’efforcent de respecter la promesse faite à Kratavkyiesl, Tchtarkamyiesl et Zraltatchvyiesl… et à Tsouliekhkla !



[1] Kichouk = interdit(e) à la consommation : la viande humaine et la viande d’ours sont les deux aliments interdits par excellence.

Par Levnoucha
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Il y avait dans le village de Klativatga une peretchkhalaka[1] nommée Limkaïa et un magicien nommé Plietko, qui un jour donnèrent naissance à un petit garçon qu’ils appelèrent Tchoubak. Le petit Tchoubak avait toujours des idées et des ruses, bien plus que tous les grands sages de Klativatga et des villages alentours, si bien qu’on le surnomma très vite Lintavoï, ce qui signifie à peu près « plein d’idées ».
Un jour, Tchoubak, qui avait alors vingt-cinq ans, s’égara dans la Taïga. La Forêt était si dense et si grande qu’il ne put même pas retrouver son chemin avant la Nuit. Comme il voulait se reposer, mais qu’il savait que s’il s’allongeait sur le sol, les animaux nocturnes allaient ne faire qu’une bouchée de lui, il monta dans un arbre, choisit une branche solide, s’y allongea et s’endormit.
Et là, Tchoubak Lintavoï fit un rêve étrange : il marchait le long d’un précipice, tout était sombre, sauf une bulle très colorée et très brillante, qu’il ouvrait tout doucement, quand il se réveilla en sursaut. Etonné par son rêve, Tchoubak demanda à deux Vikilii[2] qui passaient par-là ce qu’il voulait dire. Les Vikilii lui répondirent que s’il voulait le savoir, il devait marcher droit devant lui toujours vers le Nord, et ils disparurent entre les arbres. Tchoubak descendit de la branche, et commença à marcher droit devant lui vers le Nord.
Il avait parcouru un grand bout de chemin quand le Soleil partit se coucher et laissa la Lune veiller sur le monde. Epuisé d’avoir marché toute la journée, Tchoubak Lintavoï choisit un grand arbre, y grimpa pour y dormir, et rêva de nouveau du précipice et de la bulle, mais cette fois-ci, la bulle ressemblait à un tourbillon infini.
Le lendemain, Tchoubak poursuivit sa route. Il faisait de plus en plus froid, et bientôt Tchoubak parvint au point où la Taïga laisse la place à sa sœur la Toundra, qui s’étendait à perte de vue. Là, Tchoubak s’arrêta, et se dit que s’il s’allongeait au milieu de la Toundra, rien ne pourrait le protéger. Il fit donc demi-tour, et monta au plus haut du premier arbre assez solide qu’il trouva. Et la Nuit, il rêva encore du précipice et de la bulle, mais cette fois-ci, la bulle était noire et le précipice très brillant.
Mais quelle ne fut pas sa surprise à son réveil ! Quand il ouvrit les yeux, Tchoubak se trouvait au fond d’une grotte toute blanche de diamants, rouge de rubis, verte d’émeraudes et bleue de saphirs. Il voulut se lever pour admirer les murs de la grotte …Impossible ! Des chaînes en or et en argent le retenaient prisonnier sur le sol. Et devant lui se tenait un vieil homme squelettique, enveloppé dans un long manteau en fourrures de zibelines et de tigres. Il était coiffé d’une couronne de diamants noirs, d’où dépassaient quelques longs cheveux filasses. Il avait un visage boursouflé et décharné à la fois, avec des yeux globuleux, rouges et scintillants, un nez constellé de verrues, et une grande bouche d’où sortaient des longues dents et une langue fourchue. Tchoubak reconnut aussitôt cet homme à l’air cruel : il s’agissait de Krali-Moganeï, un méchant sorcier qui enlevaient tous ceux qui se perdaient entre la Taïga et la Toundra. Il tuait et dévorait les plus faibles, et se servait des plus robustes comme esclaves. Tout le monde à Klativatga et aux alentours savait que personne n’avait jamais pu se tirer des griffes de Krali-Moganeï, et Tchoubak le savait aussi. Cependant, il garda son calme, et même se mit à rire. Le rire de Tchoubak déstabilisa Krali-Moganeï. Mais celui-ci se reprit vite et dit méchamment à Tchoubak :
« Tu ris, tu ris, … Ris tant que tu ne sais pas ce que j’ai réservé pour toi ! Tu vois cette grotte ? Elle est à toi si tu accomplis les épreuves que je t’ai préparées. Mais si tu échoues à une seule de ces épreuves, tu seras enfermé pour toujours dans la prison qui est sous cette grotte ! »
Et, avec un rire démoniaque et cruel, Krali-Moganeï fit disparaître les chaînes de Tchoubak, empoigna celui-ci, le jeta à terre violemment et frappa le sol du pied, pour ouvrir une trappe. Par cette trappe, Tchoubak découvrit avec horreur le sort qui l’attendait : des jeunes hommes du même âge que lui étaient enchaînés et gardés par des monstres (créés par Krali-Moganeï) qui les battaient de temps à autre pour s’amuser. Les visages tristes des jeunes hommes se tournèrent vers Tchoubak, qui vit dans leurs yeux à la fois de la souffrance et du désespoir, et une petite lueur d’espoir : si Tchoubak réussissait, ils seraient libérés. Les monstres eux-aussi tournèrent leurs visages vers Tchoubak, en riant cruellement. La trappe se ferma, et Krali-Moganeï dit à Tchoubak :
« Pour la première des trois épreuves, tu devras me rapporter le plus gros diamant noir du monde. Tu le trouveras au milieu d’un village de tigres, dans la Taïga. Deux possibilités pour toi : tu vas dans le village des tigres et tu te fais déchiqueter, ou tu n’y vas pas et je te mets directement dans la prison que tu viens de voir ;
_ Il y en a une troisième, répliqua Tchoubak, que tu n’as pas envisagée : je vais dans le village de tigres, je prends le diamant, et je te le rapporte.
_ Parce que tu crois que tu vas y arriver ? Laisse-moi rire ! … Allons, assez perdu de temps ! »
Krali-Moganeï frappa dans ses mains, et Tchoubak se retrouva dans la Taïga. Il se mit en route pour trouver le village des tigres, tout en se demandant comment il ferait pour que les tigres ne le dévorent pas. Soudain, il entendit des cris. Il se précipita vers l’endroit d’où venaient les cris, et trouva une jeune femme coincée dans les branches des arbres, le bras déchiré par des épines. Tchoubak coupa les branches à l’aide de son couteau et délivra la jeune femme. Le bras de cette dernière était tout abîmé et constellé d’épines. Tchoubak retira ces épines une à une, alla chercher un peu d’eau dans un ruisseau qui coulait non loin de là, nettoya la blessure, enleva son écharpe et banda le bras meurtri.
« Merci, dit la jeune femme. Mon nom est Uruva. Tu m’as sauvée la vie, et je vais t’aider à mon tour. Que viens-tu donc chercher près de mon village ?
_ Tu vis dans le village des tigres ? s’étonna Tchoubak.
_ Et oui, parce que je suis un tigre, répondit Uruva (Tchoubak remarqua alors la couleur des yeux de Uruva : un joli jaune d’or …). Je suis aussi un loup, un renard, un ours, et un samoleï[3]. Alors, que cherches-tu ?
_ Le diamant noir qui est dans le village, pour Krali-Moganeï le sorcier, qui veut que je le lui rapporte, sinon …
_ Je connais Krali-Moganeï, reprit Uruva d’un air sombre. Attends-moi là. »
Et Uruva, sous les yeux médusés de Tchoubak, fit un roulé-boulé et se changea en tigre. Elle s’enfonça dans la Forêt, et revint quelques minutes après avec le diamant noir. Tchoubak dit son nom à Uruva, lui expliqua en détail toute l’affaire, et la remercia de son aide si précieuse. Uruva lui dit que s’il avait encore besoin d’aide, il n’avait qu’à l’appeler trois fois, puis elle roula-boula et se changea en loup. Tchoubak, de son côté, se rendit là où l’avait laissé Krali-Moganeï, et se retrouva aussitôt dans la grotte.
Krali-Moganeï fut surpris en revoyant Tchoubak vivant et avec le diamant noir. Il eut un rire nerveux et pincé, puis dit à Tchoubak Lintavoï :
« Tu n’as pas encore gagné, il te reste deux épreuves à accomplir. Plonge dans l’eau glacée du lac de Taraveskhoï, et rapporte-moi l’algue de cristal. Et tu sais ce qui t’attend si tu échoues … »
Tchoubak se retrouva dans la Forêt, et chercha le lac de Taraveskhoï, le plus profond lac de la Forêt. Il ne tarda pas à le découvrir, immense et recouvert de gel. Il s’avança prudemment sur la glace, choisit un endroit solide pour s’asseoir, puis, à l’aide de son couteau, creusa un trou. Il ôta un de ses gants et plongea la main dans le trou, pour la retirer aussitôt. Il hocha la tête, désespéré : jamais il ne pourrait survivre plus de cinq minutes dans cette eau glaciale…
Soudain, Tchoubak entendit les cris d’un renard pris dans un piège. Il revint sur la terre ferme pour sauver cette pauvre bête. Quand il eut écarté les mâchoires du piège et libéré le renard, il découvrit que la patte avant gauche de l’animal était entourée d’une écharpe : la sienne. Il reconnut alors Uruva, qui roula-boula.
« Tu m’as encore sauvée, dit-elle. Si tu as besoin d’aide, dis-le-moi. »
Tchoubak lui raconta ce qu’il devait faire et ce qu’il risquait s’il échouait. Uruva s’avança sur la glace, et dit à Tchoubak de venir avec elle sur le lac, là où il avait fait le trou.
« Je vais rouler-bouler et me changer en samoleï, et tu vas me mettre dans l’eau. Je vais cueillir l’algue de cristal, et quand tu me reverras, tu me sortiras de l’eau. »
Tchoubak fit comme Uruva lui avait dit, lui donna sa médaille pour la remercier, et rapporta à Krali-Moganeï l’algue de cristal.
Krali-Moganeï fut surpris et très en colère de revoir Tchoubak victorieux.
« Tu as encore réussi, mais pas encore gagné. Ces deux épreuves étaient faciles, mais la troisième est impossible.
_ Que dois-je faire ? demanda calmement Tchoubak.
_ Affronter les gardiens du Tourbillon du Rien… Mais pour cela, il faudrait déjà que tu trouves le Tourbillon du Rien, qui est introuvable, puisqu’il n’existe pas ! répondit Krali-Moganeï en ricanant diaboliquement.
Tchoubak se retrouva au beau milieu de la Toundra, peu rassuré. Le vent soufflait, glacial. Que faire ? Tchoubak s’assit pour réfléchir : « le Tourbillon du Rien n’existe pas, se dit-il, donc les gardiens du Tourbillon du Rien non plus, c’est le vide. Je dois donc tout simplement affronter le vide … »
Puis il repensa aux trois rêves étranges qu’il avait eus et qui l’avaient amené jusque là : le précipice et les trois boules. Le premier rêve était la première épreuve, le deuxième représentait celle du lac, et le troisième, le voilà : un précipice brillant et une bulle noire. Mais tout ceci n’avait aucun sens !
Découragé, Tchoubak dessina machinalement dans la neige le précipice et la bulle ; c’était fini, il allait être emprisonné comme tous les autres par l’affreux Krali-Moganeï, et plus jamais il ne retournerait chez lui. Il enfouit sa tête dans ses mains, résigné, quand un bruit strident le fit sursauter. De là où il avait dessiné le précipice et la bulle semblaient surgir d’étranges créatures. Intrigué, Tchoubak se releva et s’approcha prudemment, mais s’éloigna aussitôt : c’était des dragons de feu, munis de longues dents et de trois langues terminées par des crochets acérés, il en surgissait de plus en plus ! Puis le sol se mit à trembler, et même à se dérober sous les pieds de Tchoubak, qui commença à courir de plus en plus vite loin du trou qui se formait.
Mais tout à coup une forte douleur à la jambe le retint : un des monstres venait de le mordre. Bientôt après, Tchoubak fut entouré des autres dragons, qui l’assaillirent. Il tira son couteau pour les repousser. Les monstres l’entraînaient vers le précipice. C’est alors qu’il comprit : le trou qui se rapprochait dangereusement, c’était le Rien, la bulle était le Tourbillon, et ses assaillants, les terribles tzrolkhiei, les gardiens du Tourbillon du Rien ! Il redoubla ses coups pour les repousser, mais ils étaient bien trop nombreux, et malgré son courage Tchoubak commençait à faiblir, blessé de tous côtés. Ses pieds étaient bientôt au bord du précipice, ses coups devenaient vains, il allait tomber, quand il repensa à celle qui l’avait aidé à accomplir les deux autres épreuves : Uruva. Un tzrolkhieï avait enroulé sa longue langue crochue autour du cou de Tchoubak, qui fit un effort désespéré pour articuler : « Uruva, Uruva, Uruva ! »
Un terrible grognement se fit entendre, surprenant les horribles tzrolkhiei, qui détournèrent leur tête de Tchoubak. Un ours immense se dressait de toute sa hauteur devant eux, un ours aux yeux verts et au bras entouré d’une écharpe : Uruva ! L’ours grogna de nouveau très fort, et cette fois les tzrolkhiei lâchèrent Tchoubak. Ils semblaient hésiter à attaquer l’ours : un ours est toujours si impressionnant ! Uruva avança vers eux, ils reculèrent et retournèrent dans leur tourbillon. Mais tout était loin d’être fini. Alors que Tchoubak marchait vers Uruva pour la remercier, un grand bruit suivi d’un éclair laissa place à Krali-Moganeï. Celui-ci immobilisa Uruva grâce à un sort, puis s’adressa à Tchoubak :
« _ Tu crois avoir gagné, mais tu es loin d’avoir gagné contre moi ! »
En disant ces mots, il leva les bras lentement, puis les projeta avec force en direction de Tchoubak, qui tomba au sol aussitôt. Krali-Moganeï se rapprocha de Tchoubak, puis à nouveau leva et rabaissa violemment les bras vers lui. Cette fois, Tchoubak fut projeté dans le précipice ; il se raccrocha à une touffe d’herbe qui sortait de la neige, il ne fallait surtout pas lâcher ! Déjà Krali-Moganeï s’avançait vers lui, bien décidé à le faire tomber tout au fond du trou, mais Uruva, qui avait réussi à combattre le sort, fut plus rapide. D’un vigoureux coup de patte, elle précipita Krali-Moganeï dans l’abîme. L’homme hurla de terreur et de colère, mais fut englouti par le Tourbillon du Rien.
Soudain, Tchoubak poussa un cri d’effroi : la touffe d’herbe qui le maintenait en dehors du précipice commençait à céder. Il allait bel et bien tomber, quand Uruva roula-boula, prit forme humaine, saisit les poignets de Tchoubak et le tira hors de danger. Aussitôt après, le trou se referma, emprisonnant Krali-Moganeï à jamais dans le Tourbillon du Rien.
« Merci, dit Tchoubak à Uruva. Sans toi, tout était fini.
_ Ce n’est rien, sourit Uruva. Toi aussi tu m’as sauvée plusieurs fois … Mais c’est quoi, là-bas ? »
Tchoubak regarda vers l’endroit où Toundra et Taïga se rencontrent, et vit avec surprise un impressionnant tas de pierres précieuses : le trésor de Krali-Moganeï ! Peu de temps après, des hommes sortirent de la Forêt : les prisonniers de la grotte, tous libérés grâce à Tchoubak Lintavoï et Uruva !
« Eh bien ! s’exclama l’un d’entre eux, nous sommes loin de Klativatga, ici !
_ Que s’est-il passé ?
_ C’est à qui, tout ce trésor ? »
Tchoubak et Uruva les rejoignirent ; le trésor fut partagé entre tous, puis Uruva guida tout le monde à travers la Forêt vers les villages humains.
« C’est étrange, remarqua Tchoubak, personne n’a le souvenir de Krali-Moganeï.
_ C’est normal, répondit Uruva : il est tombé dans le Tourbillon du Rien. C’est comme s’il n’avait jamais existé, comme s’il ne s’était jamais rien passé : son souvenir s’efface … De qui me parlais-tu, déjà ? »
Arrivé à Klativatga, Tchoubak retrouva les siens. Il offrit des pierres précieuses à tous les habitants du village et leur raconta ce qui s’était passé, car lui n’avait rien oublié, et surtout pas la belle Uruva. Mais lorsqu’il voulut la présenter aux autres, elle avait disparu. Seule une gigantesque emprunte de patte d’ours dans la neige indiquait son passage. Tchoubak Lintavoï, dans un premier temps, se jura de la retrouver ; mais ensuite réfléchit : Uruva n’était pas totalement humaine, sa vie n’était pas dans un village d’humains, mais dans la Forêt, et elle aurait été malheureuse parmi les humains. La seule solution pour Tchoubak était d’oublier Uruva, mais s’il finit par oublier sans problème Krali-Moganeï, jamais il ne put effacer de sa mémoire Uruva …


[1] Princesse guerrière et un peu sorcière.
[2] Habitants des Forêts qui, entre autres choses, apportent les rêves.
[3] Poisson légendaire vivant dans des eaux profondes et très froides.
Par Levnoucha
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                                                           Voici une coutume Ouvaga : l'Aludnitak-Daneï.

Le principe est très simple : lorsqu'on est reçu pour dormir chez quelqu'un pour la première fois, il faut apporter un cadeau en échange, pour remercier de l'hospitalité. Stricto sensu, on n'offre le cadeau qu'après la nuit passée, uniquement si on s'est senti bien. Mais de plus en plus, on offre le cadeau de toute façon (comme on ne dort en principe que chez des gens en qui on a confiance !). Il peut arriver aussi qu'on ait oublié le cadeau. Oups... Bon, ce n'est pas grave, on l'offrira à une autre occasion. Par exemple, Levna dormait chez une de ses amies du Clan des Fous pour la première fois, et c'était après les cours, en avril 2005. Elle n'avait pas de cadeau... Qu'à celà ne tienne, elle lui a offert après (en août 2005). Ce n'est pas le temps ou la grosseur du cadeau qui compte, c'est l'intention. Moi, je ne suis pas mieux, j'ai mis six mois à offrir un cadeau à un pote chez qui j'avais dormi ! Donc ne vous en faites pas si vous recevez à dormir un Ouvaga pour la première fois et qu'il ne vous offre pas de cadeau : ce n'est pas parce qu'il ne sait pas plu, c'est peut-être qu'il n'avait rien sous la main et vous verrez venir quelquechose plus tard.

                                                                                                                                                  Szlavik
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Par Levnoucha
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Préambule.
Bonjour ! Voici aujourd'hui votre premier cours de koviouvaga. Précisons d'abord certains points : je parlerai ici indifféremment des Ouvaga et des Koviouvaga. L'appellation "koviouvaga" a été créée tardivement, par la reine Toréma, lorsque tous les clans ouvaga se sont unifiés. "kovi" signifie "un tout formé de plusieurs choses". 

La langue des Ouvaga est "koviouvaga" lorsqu'elle est parlée, mais "koviorys" lorsqu'elle est écrite. De la langue telle qu'elle était à l'origine, il ne reste plus que quelques expressions, car le koviouvaga a énormément été influencé par le russe. En raison du "voyage" des Ouvaga et des rencontres avec d'autres peuples parlant d'autres langues, on trouve aussi des mots des autres langues sibériennes, des mots yiddishim, romani, turcs, hongrois...  Et voilà pourquoi le koviouvaga est une langue inclassable !

Le koviorys peut s'écrire de différentes façons : à l'origine, une écriture formée de traits et de ronds appelée "rysalkibaliinaï" servait à le noter (la légende dit que c'est un jeune conteur nommé Alki qui l'a inventée pour pouvoir raconter à sa fiancée, Baliinaï, qui était sourde, les histoires grâce auxquelles il émerveillait tout le monde). Puis, avec le rapprochement russo-ouvaga (certains Russes ont préféré vivre avec les Ouvaga, et les coutumes se sont sont mélangées), le koviorys a été écrit en alphabet cyrillique (la rysalkibaliinaï persiste toutefois jusqu'à aujourd'hui). Puis lorsque les Ouvaga se sont retrouvés dans des régions où on écrivait en alphabet latin, ce dernier a servi à noter le koviorys. On trouve aussi quelques "curiosités" : l'alphabet shouva, par exemple, qui est un mélange des alphabets hébreu et cyrillique truffé de rysalkibaliinaï ! Pour simplifier les choses, tous les "cours" de langue seront ici donnés en alphabet latin.

Quelques règles de base pour bien prononcer.
Les voyelles.
a = a
o =o (fermé) 
e = é 
ê =
i =
y = un intermédiaire entre u et i
u = ou (prononcé vers l'avant de la bouche, presque à mi-chemin entre u et ou)
ou = ou (prononcé vers l'arrière de la bouche, presque à mi-chemin entre ou et o)
un accent sur une lettre indique que cette lettre doit être tenue (comme un point d'orgue sur une note de musique).
Les consonnes.
b p l n m k v f d t z  = se prononcent comme en français (attention ! il n'y a aucune nasale en koviouvaga)
r = r (roulé)
g = g (toujours dur, comme dans "galet")
s = s (toujours sifflant, jamais z !). Ce son est noté sz en Hongrie et aux alentours
h est un h aspiré : on doit entendre un souffle léger, ou bien un "attaque" (comme s'il y avait un heurt), y-compris après ou avant une autre consonne
~h est un son guttural, comme la j espagnole
w = v v (cettte lettre est apparue très tardivement, pour noter la conjonction de deux v)
ch est la notation utilisée en Europe occidentale pour noter le son "ch" (comme dans "chat") ; en Europe orientale et centrale, la notation de ce son est différente : sz en Pologne, s en Hongrie, ou encore ~s ou sh.
j se prononce soit "j" (comme dans "joue"), soit y (comme dans "yeux"). Lorsqu'on prononce "j", on peut noter soit zs, soit °z ou soit ~z
dz est une lettre à part entière, toujours prononcée dz ; attention ! il ne faut pas la confondre avec la combinaison des lettres ds ou tz
ts  est également une lettre à part entière, toujours prononcée ts (même remarque que pour dz) ; elle peut être notée c en Europe de l'Est
dj est aussi une lettre à part entière (on prononce dj, comme dans "djinn")
tch est la notation utilisée en Europe orientale pour noter le son "tch" (comme dans "tchèque") ; en Europe orientale et centrale, on peut trouver la notation ~c, cz ou cs
Si  est une lettre bizarre à prononcer, comme si on prononçait "ch" ou "s" avec un cheveux sur la langue
ï est une petite lettre qu'on trouve après une consonne, c'est comme un i très bref qu'on prononcerait de façon assourdie (oui, ça peut paraître bizarre aussi...)
Ton.
Le koviouvaga est une langue très chantante. L'avant-dernière syllabe est souvent accentuée.

Exercices de lecture :
entraînez-vous maintenant à prononcer les mots suivants :
domiek (maison)          tchvecina (fleuriste)          tchloukha (pluie)          kozdetï (poser)         tvulilouk (jeu)


à bientôt ^^
Par Levnoucha
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Bonsoir à tous et bienvenue sur Naniouk-Ruvtak. 

Voici, pour commencer, une rapide présentation des Ouvaga : ce peuple est originaire des bords du Ienisseï, au nord (des recherches réalisées ont permis de situer le premier "site" Ouvaga aux environs d'Igarka). Mais les Ouvaga ont rapidement bougé. Ils ont traversé Ouvlazlaï (c'est le nom qu'ils donnaient au Ienisseï), puis lentement se sont retrouvés dans l'Oural, puis de l'autre côté, et enfin dans les Carpates. Au cours des XIXè et XXè siècles, ils ont été dispersés. Aujourd'hui, on les retrouve donc un peu partout en Europe (surtout à l'Est), en Asie centrale, en Sibérie (certains ont voulu "retourner" au Pays de l'Ours" et jusqu'en Amérique ! Mais attention : cette présence est très petite : on ne compte pas plus de 1000 Ouvaga sur Terre aujourd'hui. Les diverses guerres en ont fait disparaître beaucoup...
Moi, je suis française, d'origine Ouvaga. Et je suis même, depuis novembre 2004, "Tongacha". Dans un prochain article, je vous expliquerai en quoi ça consiste. 

Il est temps pour moi de vous expliquer la culture Ouvaga. Découvrez-nous, soyez curieux !

Par Levnoucha
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