Une série d'articles sur les mythes et légendes sombres des Ouvaga. 

Tout d'abord, un petit point sur le "Spectre des Quinze Degrés"

Il s'agit d'une classification des êtres, en 15 degrés. Elle est représentée en arc de cercle, de diamètre 1°-15°, et de rayon perpendiculaire au diamètre 8°. Les degrés 1 à 8 sont plutôt du côté du vivant, alors que les degrés 8 à 15 sont plutôt du côté de la mort. 

Degré 1° : les deux Esprits primordiaux (Zlaa = la lumière, et Kouvalatchyi = l'ombre)

Degré 2° : les êtres cosmogoniques (Limezinaï, la Lune, le Soleil, Ouvameïlyi, les minéraux, les végétaux...)

Degré 3° : les esprits protecteurs et/ou égareurs

Degré 4° : les Sept Premiers (les humano-ursidés)

Degré 5° : les animaux

Degré 6° : les humains d'ascendants divins (Tumlik, les quatre premiers liatchiki, ...)

Degré 7° : les humains en tout début de vie

Degré 8° : les humains vivants

Degré 9° : les humains en fin de vie

Degré 10° : les humains compagnons d'esprits (Vadjouk, ...)

Degré 11° : les Ɉlyingukha 

Degré 12° : les liatchiki descendants des quatre énoncés au degré 6°

Degré 13° : les fantômes

Degré 14° : les empruntes (= fantômes qu'on ne peut plus ni voir, ni entendre, mais dont on ressent la présence)

Degré 15° : les esprits des morts

 

Et maintenant, entrons dans le vif du sujet, avec le degré 11° : les Ɉlyingukha.

 

Un ou une Ɉlyingukh, des Ɉlyingukha.

Etat d’un être humain, ni mort, ni vivant, mais entre les deux. Les Ɉlyingukha peuvent agir comme n’importe quel être humain vivant, y-compris avoir des enfants. Ils ne peuvent être tués, ni blessés. Seulement, cet état n’est que passager : les Ɉlyingukha passent définitivement du côté de la mort à l’âge de 38,5 ans (quand on devient idunániouk).

On ne naît pas Ɉlyingukh, on le devient, après un procédé précis relativement complexe : il faut d’abord confectionner un breuvage à partir d’ingrédients secrets, faisant référence à la Cosmogonie ; ce breuvage doit être ensuite versé bouillant dans une coupe de cristal noir ; les mains sur la coupe (mais de manière à ne pas se brûler), on nomme les êtres de la Cosmogonie, en commençant par les humains puis en remontant jusqu’à « Soleil _ Ouvameïlyi _ Lune _ Limezinaï _ Zlaa _ Kouvalatchyi », enfin on boit d’une seule traite le « breuvage noir » (qui aura eu le temps de refroidir suffisamment pendant l’égrenage des noms cosmogoniques) ; par la suite, dans une limite de trois nuits et trois jours suivant l’absorption du breuvage, il faut s’asseoir sur un sol naturel (terre nue, herbe, rocher…), tracer à l’aide d’un outil naturel (doigt, bout de bois, craie brute, caillou, terre, …) le « Spectre des quinze degrés », nommer chaque degré en le marquant (de pierres, cailloux, bouts d’herbe, petits tas de terre, …), et enfin frapper le degré « Ɉlyingukh » avec un objet pointu (couteau, poignard, …).

On ressent alors une grande vague froide, puis chaude. L’apparence change : la peau devient blanche et glacée, les cheveux, les yeux, les cils et les sourcils deviennent noirs, les ongles deviennent noirs, lisses et brillants de manière à refléter les alentours. Les Ɉlyingukha peuvent parfaitement voir dans l’obscurité. Leur intégrité physique ne peut être atteinte ; ils demeurent tels qu’ils étaient lors de leur passage de l’état de « vivant » à celui de Ɉlyingukh, ne vieillissant pas physiquement. Il faut être nánioukta, tinániouk ou nániouk (soit avoir au moins 16,5 ans, et ne pas avoir plus de 33 ans) pour devenir Ɉlyingukh : si on tente de le devenir avant 16,5 ans ou après 33 ans, le « breuvage noir » est régurgité dans la minute qui suit son absorption. Si on n’achève pas le processus dans la limite des trois nuits et trois jours, on meurt.

 

Par Levnoucha
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Bonjour à toutes et à tous ! Aujourd'hui, je vais vous indiquer comment on désigne une personne d'après son âge :

  • naniouktchka = de 0 à 5 ans et demi
  • nanioukchka = de 5 ans et demi à 11 ans
  • naniouktka = de 11 ans à 16 ans et demi
  • nanioukta = de 16 ans et demi à 22 ans
  • tinaniouk = de 22 ans à 27 ans et demi
  • naniouk = de 27 ans et demi à 33 ans
  • unaniouk = de 33 ans à 38 ans et demi
  • idunaniouk = de 38 ans et demi à 44 ans
  • inaniouk = de 44 ans à 49 ans et demi
  • idinaniouk = de 49 ans et demi à 55 ans
  • hlunaniouk = de 55 ans à 60 ans et demi
  • idhlunaniouk = de 60 ans et demi à 66 ans
  • syrnaniouk = de 66 ans à 71 ans et demi
  • idsyrnaniouk = de 71 ans et demi à 77 ans
  • imynaniouk = de 77 ans à 82 ans et demi
  • idimynaniouk = de 82 ans et demi à 88 ans
  • ezonaniouk = de 88 ans à 93 ans et demi
  • idezonaniouk = de 93 ans et demi à 99 ans
  • tchortananiouk = de 99 ans à 104 ans et demi
  • tchorta = au-delà de 104 ans et demi (très rare ! à partir de cet âge, on est considéré comme un tchorta, c'est-à-dire "esprit protecteur")

le mot "naniouk" signifie "ours" ; on retrouve énormément de référence aux ours dans les étapes de la vie humaine, en raison de Tchloukhnovdlievvalyi, la "grand-mère" du peuple Ouvaga, qui, faisant partie des "Sept Premiers" (voir la Cosmogonie), a une double apparence : humaine et ursine.

 

à partir de "tinaniouk", il n'est pas rare qu'on ajoute un suffixe indiquant le sexe de la personne : "naï" pour les personnes de sexe féminin, "djouk" pour les personnes de sexe masculin (exemples : naniouknaï, nanioukdjouk). On traduit couramment par "madame" ou "monsieur" ; on peut traduire "tinaniouknaï" par "mademoiselle" et "tinanioukdjouk" par "mondemoiseau" (mot qui semble inusité en français de nos jours).

 

et voilà ! à bientôt !^^

Par Levnoucha
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Voici un gâteau ouvaga, le liablonkavutliek, très simple à cuisiner (malgré son nom !).

Ingrédients :

 

 

250g de farine, 125g de sucre, 1 verre de lait, 3 œufs frais, des pommes, de la cannelle si on choisit de saupoudrer à la cannelle (voir plus bas).

Préparation :

 

 

Préchauffer le four.

Dans un plat (genre saladier), mélanger à l’aide d’une cuiller en bois la farine et le sucre. Creuser un puits au milieu du mélange, verser le verre de lait, tourner, ajouter les œufs, et bien mélanger avec la cuiller jusqu’à obtenir une pâte homogène.

Verser le mélange ainsi obtenu dans un moule en silicone (c’est pratique car ça ne colle pas !).

Ajouter les pommes épluchées et coupées en quartiers.

Saupoudrer avec un peu de sucre (pour que ça caramélise à la cuisson) ou de cannelle (c’est très bon).

Mettre au four à 180° pendant 45 minutes.

Sortir du four (en faisant bien attention de ne pas se brûler), laisser un petit peu refroidir (toujours pour ne pas se brûler).

DSCN0960



Déguster ! C’est très bon chaud, tiède ou froid.

 

Par Levnoucha
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Il y a d’abord celles qui ont toujours été là et qui le seront toujours, les deux primordiales : Zlaa et Kouvalatchyi. Kouvvalatchyi est l’ombre, l’obscurité, son sang est blanc et froid, ses cheveux sont noirs et bleu foncé, elle porte une robe noire, bleue, violette et gris foncé, ses yeux sont bleus et noirs, sa bouche est bleu foncé. Zlaa est la lumière, son sang est marron et chaud, ses cheveux sont noirs et roux flamboyant, elle porte une robe verte, blanche, orange, rouge et jaune, ses yeux sont verts, elle a six bras.

IMG0001.JPG

Kouvalatchyi et Zlaa fabriquèrent toutes deux la Terre, le Ciel, ainsi que Limézinaï ; mais au cours de la fabrication de cette dernière, Kouvalatchyi se blessa et son sang coula. Elle en fit une boule et souffla dessus : elle venait de fabriquer la Lune. Puis Zlaa fabriqua Ouvameïlyi = « celle dont le cri est une tempête », qui émit le tout premier son du monde. Kouvalatchyi fabriqua Névlétyi = « celle dont le nom signifie nuage », ainsi que le Vent, Elsovka = « celle qui appelle le Vent », la Neige, la Glace et l’Eau froide tombante (stalactites d’eau gelée). Dans le même temps, Zlaa fabriqua Doliň, la Terre sous la glace, l’Eau sous la glace, l’Arc-en-ciel, la Tempête de lumière (aurore boréale) et la Chaleur. Ensuite, alors que Zlaa fabriquait les Êtres de pierre, Kouvalatchyi fabriqua les Tasamurki = « êtres des grottes ».

Limézinaï fabriqua le Feu terrible et indomptable. Ouvameïlyi fabriqua le Soleil, puis, craignant que les autres ne s’en prennent à ce petit être fragile mais si beau, elle fit s’élever très haut certaines parties du sol, dans lequel le Feu s’engouffra pour protéger le Soleil pendant son sommeil. Névlétyi fabriqua Sirmélyi = « la femme nuage ». Le Vent et la Neige fabriquèrent Ninka. De la Glace sortirent les Êtres des glaces, translucides et d’apparence frêle mais puissants. Doliň amadoua le Feu, mais avala de la fumée qui l’endormit ; Zlaa et Limézinaï la trouvèrent et la ranimèrent, mais cela l’avait fragilisée, et désormais elle doit dormir un jour entier chaque année. Le Feu délaissa certaines zones de terre élevée. Aussitôt, les Êtres de pierre et les Êtres des glaces voulurent s’en occuper ; on était au bord de l’affrontement, quand Elsovka intervint : il fallait créer autre chose, d’autres êtres, pour veiller sur le Soleil au sol quand il dormait et dans le ciel quand il veillait, à l’image de son chapeau à pointes : Kouvalatchyi et Zlaa fabriquèrent donc les Sommets, ainsi que les Meïkorovtchi = « protectrices des sommets » avec l’aide de Névlétyi.

Il fallut désigner des veilleurs pour protéger le monde : la Lune, dans le ciel, veillerait sur le monde dans l’obscurité, alors que le Soleil veillerait sur le monde dans la lumière. On appela le monde du Soleil et de la lumière Jour et le monde de la Lune et de l’obscurité Nuit.

Par Levnoucha
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           Il était une fois un garçon maladivement timide nommé Liachek. Si on le regardait, il baissait la tête. Si on lui parlait, ses joues devenaient rouges, et il n’osait jamais répondre.

 

Fou amoureux d’une jeune fille nommée Tsyndl, il n’osa pas lui avouer son amour. Pendant ce temps, un autre jeune homme lui déclara sa flamme, et Liachek fut très malheureux quand Tsyndl épousa son rival.

Liachek était très habile pour sculpter le bois. Apprenti chez Drévoï le sculpteur sur bois, il fabriquait les plus beaux objets à plusieurs villages à la ronde. Cependant, trop timide pour les montrer à qui que ce soit, il les gardait pour lui. Pour les autres, il n’était ni assez doué, ni assez travailleur pour fabriquer quelque chose de correct. Si bien qu’un jour, Drévoï le chassa.

Atterré, Liachek se sentait stupide, inutile, et n’avait plus le goût de vivre. Il saisit un couteau, le leva, mais rougit très fort en apercevant son visage dans la lame. Il alla trouver sa petite sœur, mais n’osa pas lui demander de le tuer. Il partit alors à la rencontre de son meilleur ami, mais n’osa pas non plus lui demander. Il se rendit donc dans

la Forêt

, dans l’espoir de tomber sur des bêtes féroces qui le mettraient en pièces.

 

Un loup, un ours, un renard, un cerf et un bison ne tardèrent pas à arriver près de Liachek.

« Que fais-tu ici, petit ? demanda l’ours.

Il pleure, répondit le cerf.

Et il garde la tête baissée pour qu’on ne le remarque pas, ajouta le loup.

Et il rougit quand on lui parle, enchérit le bison.

Et il souhaiterait qu’on le tue, acheva le renard, pour ne plus avoir à affronter le regard des autres sur sa timidité.

Mais nous ne te tuerons pas, conclut l’ours. D’abord parce que tu es encore Nanioukta, ensuite parce que nous sommes cinq et que tu es seul, et enfin parce que te tuer ne résoudra pas ta timidité. Va trouver Dzorounga la sorcière. Elle pourra t’aider. »

Et les bêtes s’éloignèrent, laissant Liachek seul parmi les arbres. Le garçon timide, tout tremblant, alla plus profondément dans

la Forêt

, et après une épuisante marche, arriva chez Dzorounga. Celle-ci habitait dans une étrange clairière, au milieu d’un champ de fleurs de toutes les couleurs, dans une très jolie maison de bois sculpté. Comme Liachek n’osait pas parler, la sorcière s’avança, et lui dit :

 

« Tu es si timide, que tout t’échappe… Mais rien n’est encore perdu. Tsyndl ne s’entend pas du tout avec son mari, et Drévoï regrette de ne plus avoir d’apprenti. Tente ta chance, va leur parler. Cueille un bouquet des fleurs que tu vois ici, et offre-le à Tsyndl. Et cette nuit, ouvre le coffre où tu caches les objets que tu as fabriqués, signe les objets, et mets-en un devant chaque porte du village. Et demain, tu verras ce qui arriveras. »

Dzorounga s’approcha de Liachek, qui baissa la tête et vira au rouge vif. Elle posa ses mains sur les épaules du garçon, et lui embrassa le front.

Liachek cueillit les fleurs, et retourna au village le plus vite possible. Il rentra chez lui, ouvrit son coffre, et choisit un objet pour chaque maison du village, réservant un oiseau-fleur à Tsyndl. A la nuit tombée, il sortit en douce, et fit ce que Dzorounga lui avait recommandé, puis, épuisé par cette audace, alla dormir.

Le lendemain matin, les villageois trouvèrent les objets fabriqués et signés par Liachek. Tous allèrent le trouver afin de le remercier pour ce cadeau et de le féliciter pour son ouvrage. Etonné, Drévoï le reprit aussitôt comme apprenti.

Ce matin-là, Tsyndl sortit de chez elle, et trouva le bouquet accompagné de l’oiseau-fleur.

« C’est Liachek, que tu aimes ! soufflèrent les fleurs. Et lui t’a toujours aimé. Alors n’hésite pas, va le voir ! »

Tsyndl fit ce que lui avaient recommandé les fleurs. Bientôt, son mariage fut rompu, et elle épousa Liachek.

Ce dernier voulut remercier la sorcière. Il se rendit dans

la Forêt

, chercha la clairière, mais ne la trouva pas. Il rencontra les bêtes, et osa leur demander où était passée Dzorounga.

 

« Dzorounga ? »

Les bêtes éclatèrent de rire.

« Dzorounga est dans ta tête, Liachek. Tu t’es endormi ici lorsque nous nous sommes éloignés. Nous t’avons observé : lorsque tu t’es réveillé, tu as cueilli les fleurs, et tu es rentré chez toi, bien décidé à t’exprimer. Tu as tout simplement rêvé !

Dans ce cas, dit Liachek, les joues roses, je remercie les Vikilii pour m’avoir apporté ce rêve. Ma vie est tout autre depuis… »

Liachek devint le plus grand sculpteur sur bois de toute la région. Il construisit aussi, pour Tsyndl et lui, la maison qu’il avait vue en rêve. Tsyndl déposa les fleurs, qui avaient séché, sur le pas de la porte. Le lendemain matin, elles s’étaient replantées tout autour de la maison. Bientôt, une petite fille naquit : elle fut prénommée Dzorounga Tszyndalyi Liachka…

Par Levnoucha
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Voici une page très sombre de l’histoire des Ouvaga, page pas si ancienne que cela, d’ailleurs. Comme souvent, la légende s’est emparée de l’histoire, y insérant une part non négligeable de mystère et même de magie. Le mot « tongoï » peut signifier « sorcier » ou « magicien » voire parfois « chamane ». L’appellation « Tongacha » est une façon affective de désigner les tongoi. Mais trêve de bavardage.

 

Une tongoï nommée Ulsirka Volinalka, surnommée Limézinaïka ou Inaïka, portait autour du cou un étrange médaillon en forme d’œil. Elle tenait ce médaillon de sa mère, qui le tenait de sa mère qui le tenait de sa mère et ainsi de suite. C’était un diamant noir ovale, où des petits rubis étaient incrustés en spirale, et qui comportait en son centre, à l’endroit de la pupille, un losange d’émeraude, de saphir, de grenat et de béryl. Des petits diamants blancs et noirs figuraient les cils. On disait que ce médaillon avait été fabriqué par Limézinaï elle-même, et qu’il conférait une grande sagesse et un grand pouvoir à la personne qui le portait.

Mais un jour, Inaïka et sa famille furent encerclés par des ennemis sanguinaires. Les Ouvaga se défendirent comme ils pouvaient, mais assaillis par le nombre, ils furent faits prisonniers.

Les ennemis tuaient systématiquement tous ceux qu’ils trouvaient, et Inaïka comprit immédiatement le sort qui lui était réservé. Menés à l’endroit où ils allaient être assassinés, les Ouvaga chantèrent l’hymne à la Forêt.

Peu avant de tuer tout le monde, un des ennemis s’approcha d’Inaïka, et tenta de lui arracher son médaillon. Il tomba aussitôt, foudroyé. Un autre riposta, et massacra tout le monde, en commençant par Inaïka. Puis ses yeux se posèrent sur le médaillon, et lui aussi chercha à s’en emparer, mais à peine l’avait-il effleuré qu’il retira sa main en hurlant de douleur, et, pris de folie, alla se jeter dans un précipice proche. On mit en cause le Soleil, qui devait refléter quelque chose dans les pierres précieuses du médaillon, et on attendit la nuit. Là, à la lumière de la Lune, un des ennemis parvint à pendre le médaillon. Il pensait avoir gagné, mais…

Il rentra chez lui, et offrit le médaillon à sa fiancée. Alors que cette dernière s’admirait dans le miroir, elle ne vit pas son propre reflet, mais celui d’Inaïka. Elle arracha le médaillon de son cou, et se vit à nouveau. Intriguée, elle remit le médaillon, et Inaïka réapparut.

« Qui es-tu ? Que veux-tu ? » hurla-t-elle, effrayée.

Inaïka ne pouvait pas répondre, mais elle sourit d’une manière menaçante. L’autre comprit aussitôt qu’il ne fallait pas porter le médaillon ; elle alla trouver son fiancé, et le lui rendit en lui expliquant tout. L’homme éclata de rire : il ne croyait pas une seconde aux maléfices, alors aucune raison de s’inquiéter à cause d’un simple médaillon ! Et pourtant…

Il organisa une grande fête la semaine suivante, et décida de porter lui-même le médaillon, comme trophée. La fête débutait, et le premier plat, couvert, fut amené sur la table. Lorsqu’on découvrit le plat, l’homme recula d’effroi : une petite Inaïka sortit en dansant du plat, visible de lui seul. Il courut se mettre de l’eau sur le front, pour faire passer cette hallucination, mais lorsqu’il se regarda dans le miroir de la salle de bain, il vit Inaïka qui le regardait, les yeux luisant, le regard menaçant. Il se dit qu’il était fatigué, ou qu’il avait trop bu, et partit se reposer. Mais lorsqu’il se releva, il vit une multitude de petites Inaïka. Il arracha le médaillon et le jeta au sol, et les innombrables Inaïka disparurent, mais du médaillon se répandit une fumée noire, qui devint verte, puis blanche, et soudain jaillit Inaïka, immense, les yeux rivés sur celui qui lui avait volé son médaillon et qui avaient assassinés tant de personnes.

« Je te le rends, je te le rends ! » hurla l’assassin, horrifié.

Mais Inaïka ne répondit pas et s’avança vers lui. Pris de folie, l’homme ouvrit la fenêtre, et se précipita dans le vide, faisant une chute de cinq étages.

La fiancée de l’assassin ramassa le médaillon ensorcelé, et courut le jeter dans la rivière qui coulait toute proche. L’eau de la rivière porta le médaillon dans la Forêt, et le déposa sur la rive. Un arbre naquit à la place du médaillon, un arbre au tronc noir et aux feuilles vert foncé, dont les branches se plient sur la rivière pour pleurer les personnes assassinées, mais qui se dressent au moindre souffle de vent pour rappeler leur souvenir. Les Ouvaga appellent cet arbre « Piétchalenzovdnou », et tout le monde peut l’entendre, quand le vent souffle, entonner l’hymne à la Forêt qu’Inaïka et les siens avaient entonné avant d’être tués.

Par Levnoucha
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Nutka Horasza a rejoint le monde des étoiles le 17 novembre dernier. Qui était-elle ? Qu'a-t-elle fait ? C'est une figure Ouvaga, une sorte de légende encore jusqu'à peu vivante.
Elle est née en 1910 en Pologne (qui a l'époque faisait partie de l'empire russe). Elle était la fille de la Sbaïklaryi Iplekna et du libraire Lintek. Quoi qu'est-ce, Sbaïklaryi ? Une Sbaïklaryi (pour les hommes, on dit Sbaïklaryiek) est une "vengeuse sombre", je m'explique : on ne la voit pas préparer sa vengeance, on ne la voit pas arriver, et pan elle frappe. Elle se maquille d'une manière très spéciale, avec une espèce de patte à base de terre, et se vet tout en noir. Donc, la petite fille naît et est placée sous la protection d'un arbre, selon la coutume : ce sera un noisettier, d'où son prénom (nutka = noisette).
Quand sa meilleure amie est agressée, Nutka la venge. Le "milieu" la repère et l'engage comme spécialiste des réglements de compte et des recouvrances de dettes, et elle sera aussi amenée à exercer comme tueuse à gage. Elle travaille d'abord en solo, puis avec un homme qui deviendra son associé. Cet homme, cependant, se montre violent, agressif et caractériel. Et en plus, elle découvre qu'il est nazi. Elle décide de mettre un terme à l'association, et de s'occuper plutôt du petit Tachok, 16 ans, Ouvaga et fragile, qui ne rêve que d'une chose : aller au Mexique.
La guerre éclate, et en parallèle un combat acharné entre Nutka et son ancien associé, qui veut la peau de Tachok et de Nutka. Il n'aura pas celle de Nutka, mais tuera Tachok. Après la Pokmélia (cérémonie funèbre, en gros), Tachok est entouré de branches de bois sêches et insinéré, puis Nutka le met dans une urne. La guerre est finie, mais Nutka n'a pas fini la sienne : venger Tachok. Elle devient alors Sbaïklaryi.
Elle se rend au Mexique pour y faire reposer Tachok, puis poursuit son ancien associé à travers le globe, de l'Amérique du Sud à l'Océanie en passant par l'Asie du Sud-Est et le Proche Orient.

Et c'est en juillet 2005 qu'elle le retrouve enfin. Un coup et un seul. Tachok est vengé, enfin ! Nutka part alors au Groenland écouler ses dernières années.

Pokmélia na oneï, lenka posledoïa Sbaïklaryi ! Enzowa !

(Ilonka)

Par Levnoucha
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Les liens entre la langue russe et la langue des Ouvaga sont très nombreux. Le sort de ce petit mot tout simple, "da" en est une excellente preuve.
En russe, "da" signifie "oui".
En koviouvaga, "da" existe aussi, mais à l'origine, servait à attirer l'attention sur quelque chose, à insister. On retrouve ce sens dans des expressions telles que :
                                                           
  "da-ia" = "c'est moi",
                                                             "da-vlidenou" = "évidemment",
                                                             "da voliounitou" = "je veux vraiment".
Cependant, peu à peu, "da" a servi à dire "oui".
Mais comment disait-on "oui" avant ?
Eh bien, on ne le disait pas ! Pour répondre positivement à une question, on répétait le verbe à la personne voulue. Cette tournure existe encore, d'ailleurs :
                                                             
" ty idite tia mi ?
                                                                 iditou."

                                        Toi, tu vas avec moi ? ("tu viens", dirons-nous plutôt en français).
                                        Oui (mot-à-mot : je vais).

Ainsi, par "contacts répétés", "da" (qu'on trouve écrit "de" dans certains textes anciens : on prononce alors le "e" entre le "a" et le "è") a fini par dire "oui" en koviouvaga aussi. L'évolution de ce petit mot est donc un excellent témoin des échanges entre les deux langues.^^
Eugénie.

Par Levnoucha
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Bonjour. C'est la première fois que je m'exprime sur un blog, d'autant plus sur celui-ci. J'ai décidé de présenter une chanson Nouva, c'est à dire des Tziganouvaga, dont je fais partie. La chanson s'appelle Zoltanek.
Cette chanson raconte l'histoire de Zoltanek, un jeune homme de 16 ans, très doux et qui n'aurait jamais fait de mal à personne, mais accusé à tort d'un crime. Or, c'est celui qui a commis le crime qui l'accuse et le condamne à mort. Zoltanek est exécuté, mais...
Sa fiancée, Mila aux yeux sombres, est une sorcière : elle appelle la soeur du Vent, qui demande à son frère de souffler fort. Elle appelle le ruisseau de la Forêt, qui se met à couler comme un fleuve. Elle appelle les fleurs et les oiseaux, qui crient. Tous crient le nom de celui qui a commis les deux crimes (celui pour le quel Zoltanek a été injustement condamné, et le meurtre de Zoltanek). Alors, le criminel, poursuivi partout et tout le temps, court, horrifié, et finit par se jeter dans les flots.
Zoltanek est mort, mais Mila l'a vengé. Que tous se rappellent de la triste fin de Zoltanek et de ce qu'a fait Mila par la suite ; voilà comment se termine la chanson.
Ilonka.
Par Levnoucha
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Bonjour à tous ! Connaissez-vous les gestes à faire et à ne pas faire ? savez-vous les interprêter ? En voici quelques uns.

Se carresser le menton : montre qu'on réfléchit, qu'on pense, qu'on essaie de résoudre un problème.
Se gratter la nuque : montre qu'on doute de quelque chose, qu'il y a un truc qui ne tourne pas comme on voudrait, qu'on est soucieux.
Tapoter deux fois sur le côté de son nez : montre qu'on ne croit pas un mot de ce que raconte la personne qui parle.
Projeter violemment la tête en avant : montre qu'on s'est senti agressé et qu'on demande à discuter pour aplanir (ou envenimer, ça dépend du caractère) les choses.
Mettre son poing droit sous sa main gauche à plat : montre qu'on veut la paix (c'est aussi le signe employé pour dire bonjour : bonjour, je te rencontre et je ne te veux pas de mal).
Passer sa langue sur ses dents : montre une agressivité.
Cracher (par terre ou, encore pire, sur quelqu'un) : montre qu'on méprise prodondément la chose ou la personne (personne qui ne vaux même pas la peine qu'on perde son temps à se battre avec).
Montrer son nombril : montre qu'on "emmerde" la personne à qui on montre le nombril (comme en français l'expression "je t'emmerde").
Pointer ses deux index, mains rapprochées, sous son menton : montre qu'on trouve quelque chose très jolie ou quelqu'un très sympathique.

Voilà. J'espère que vous saurez maintenant comment agir et réagir face à ces gestes (faits par des Ouvaga, car faits par d'autre ça ne veut pas forcément dire la même chose).

Szlavik.
Par Levnoucha
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Présentation

  • : Naniouk-Ruvtak
  • Naniouk-Ruvtak
  • : Soyez les bienvenus à Naniouk-Ruvtak, le "Pays de l'Ours". Vous y découvrirez un peuple peu connu : les Ouvaga. Plusieurs rubriques sont disponibles : une consacrée aux contes, mythes et légendes, une réservée à l'histoire de mon peuple, une pour la culture et les coutumes, et une où vous pourrez vous initier à la langue. Prêts à vous dépayser ? Alors, c'est parti !
  • : Découverte Voyages
  • : 17/09/2007
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